«Je suis responsable d’autrui sans attendre la réciproque » * Emmanuel Lévinas

March 12, 2015

 

 

Naguère J’ai été concerné de près par un don d’organe. Les années passant et l’occasion de ce mémoire furent pour moi l’opportunité de réfléchir à ce(s) mot(s) du don et ses mots prononcés, de tenter de leurs répondre mais surtout d’informer car ce sujet très vaste engendre des ramifications complexes, tant relationnels, émotionnelles et psychologique que philosophique qui peuvent être tronqués, si mal compris, même par des professionnels. 

 

« Il faut sans doute s’être vraiment abandonné pour comprendre le don. »

 

La transplantation et le don d’organe en sont au xxe siècle à leurs prémisses mais fonctionnent très bien; C’est pourtant important de mieux le comprendre face à la pénurie d'organes car on a de plus en plus de malades entre la vie et la mort dues à cette sociétés moderne.*


L’acte de donner un organe de son vivant à un proche ou à sa mort à un inconnu, fait parti du don moderne qu’on ne comprend pas encore. Que notre cerveau n’a pas encore assimilé. 

 

La décision prise, c’est un acte très simple. 


Dans une société compliquée qui perd ces repères, ne trouve-t-on pas ici l’occasion d’en créer de nouveaux parmi ce qui se fait de bien et dont on sera fier de regarder le résultat immédiat?


C’est un acte mature, certes incompris mais surtout personnel et sans aucun retour possible. 

 

Ce mémoire est une réflexion simple, une aide même minime j’espère, une simple pierre, précieuse à ceux qui doivent prendre des décisions délicates après la soudaine perte d’un proche, qui ne s’est malheureusement pas prononcé sur le sujet.


… C’est nous demain, hier et aujourd’hui.

 

Parce qu’enfin, c’est plus facile de ne pas donner 

que de donner. Faut pas déconner.

 

 

Loin du don cérémoniel qui produit une alliance, une reconnaissance publique mutuellement accordée et par quoi notre lien social s’affirme en lien politique, seul le don gracieux et le don solidaire ignorent l’exigence de réciprocité.

 

Le seul vrai don est donc un don sans retour. 

 

Le plus simple serait de donner tout le temps après une catastrophe naturelle pour une œuvre caritative lointaine [sans risque de tomber dans une obligation ; celle de donner – rendre – recevoir.] Avec empathie mais sans contrainte. 

 

Mais la vie n’est pas toujours simple en termes de don, miroir déformé de nos relations, purs, forcés ou fortuites.

 

"L'homme vraiment libre est celui qui refuse une invitation à dîner sans donner d'excuse. "

Oscar Wilde ****

 

Savoir donner et ne pas donner tel est l’affirmation qui prend tout son sens dans le geste lui même. Ce qu’il représente, ce qu’il incarne et ce dont il est chargé.
Comment il sera perçu. 

 

Parce le geste est mal interprété ou parce qu’il est toxique, [réflexe pavlovien d’une société transformée, dite moderne, focalisé sur le type marchand depuis la révolution industrielle, nous n’avons plus les codes d’une forme de compréhension de ce geste a double sens, aux multiples tiroirs et qui permettent d’engager les bonnes décisions relationnelles en connaissance de cause. 

Mais avant tout en reconnaissance de soi-même. 

 

Parce que les choses que l’on fait, ou que l’on ne fait pas,
ont un sens.

 

Parce qu’alors, tout est un peu plus facile :
donner pour le donateur et recevoir et accepter pour le donataire.

 

Les enjeux sont capitaux. Notamment pour le don d’organes avec des taux positifs de non-rejet à la clé dans le cas de donneurs vivants. 

 

Comprendre tenants et aboutissants pour une prise de décision rétroactive et sauver des vies le cas échéant, c’est pour ma part très réconfortant.

 

Donnez-vous un avis sur le sujet, petits et grands, parlez-en une fois à vos proches est primordiale puisque nous sommes tous donneurs potentiels. ***

 

L’esprit léger  

Donnez-vous ! 

 

______________________________________________

 

*

E. Levinas, Éthique et infini, Paris, Fayard (1992).P95

 

 

** Ref 26 janvier 2015 ; Rémi Salomon, chef du service de néphrologie pédiatrique de l'hôpital Necker-Enfants malades à Paris : […] « d'une façon plus globale, le développement des greffes de donneurs vivants ne va pas suffire à faire face à la pénurie d'organes car on assiste ces dernières années à une explosion du nombre d'adultes en dialyse (technique de purification qui permet de suppléer le rein NDLR). On compte environ 38.000 adultes dialysés aujourd'hui. C'est une augmentation de plus de 50% en dix ans. Cette hausse s'explique par la progression des maladies pouvant conduire à l'insuffisance rénale terminale comme le diabète et l'hypertension. »

 

*** Renseignement sur France-adot.org

 

 

****

Oscar Wilde, de son nom complet Oscar Fingal O'Flahertie Wills Wilde (16 octobre 1854 - 30 novembre 1900).

 

 

 

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